Les restes du banquet




Inutile de vouloir chercher une Représentation du côté de l’Imaginaire, c'est-à-dire de l’Image, dans ce qui est de toute façon du domaine de la Sculpture.

Car ne vous y trompez pas, il s’agit d’abord et avant tout, de Sculptures.

C’est déjà là de la matière détournée. Ce sont des proportions, l’assemblage de Restes détournés que Sébastien Cé voit comme indispensables, comme ce qui est la structure même, avant qu’ils ne soient nommés.

On voit vite comment le visiteur s’efforce de mettre une Image et un Nom à cet univers qui le fascine et l’effraie.

Ce qui fascine, c’est l’assemblage des éléments de notre réalité quotidienne : bois, roseaux, plumes, vertèbres, graines, fil de fer.

Et l’effroi vient de ce que le visiteur se sait pris dans cet ordre de fer dont tout sujet a été marqué. Je veux dire que ces sculptures témoignent d’un au-delà, ou plutôt d’un en deçà du langage. Langage qui résulte de l’utilisation par un groupe humain d’une « lalangue » qui est le véritable Autre, ou Alien. Aliénés nous le sommes et désirons le rester.

Alors, comment supporter ce que Sébastien Cé nous impose, dans ces créations non nommées et qu’il veut innommables. Il y voit ce que nous avons perdu de nous inscrire dans la « lalangue » et qui est le Reste qui fait coupure. Coupure qui fait le sujet divisé entre sa prise dans le mot qui le tue et ce qui en est rejeté, à savoir sa part d’être vivant.

Mais bien plus encore, une béance, un trou, un vide se dessine, qui est le lieu de notre malaise, de notre souffrance mais aussi bien de notre Jouissance. C’est pourtant ce vide qui nous fait désirant, ou désirer.

Car, comme nous l’enseigne J.Derrida dans son ouvrage : « Sauf le nom » non seulement Dieu mais la Déité passe la connaissance et la singularité ; du dieu inconnu déborde l’essence de la divinité, déjouant ainsi les oppositions du négatif et du positif, de l’être et du néant, de la chose et de la non- chose.

« Le dieu inconnu.
Ce qu’est Dieu, on ne le sait : Il n’est pas lumière, pas esprit,
Pas vérité, ni unité, ni un, il n’est pas ce qu’on appelle divinité :
Pas sagesse, pas intellect, pas amour, ni vouloir, ni bonté :
Pas chose, davantage une non-chose, pas une essence, pas un cœur : Il est ce que moi, ni toi, ni aucune créature, Avant d’être devenus ce qu’Il est, jamais nous ne sommes informés. »

Ecrit après une confrontation entre : Daniele Bagarry, Philippe Bagarry et Sébastien Cé.

Le 05/10/2015 .



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